Lorsqu’un un ado de 13 ans est accusé de meurtre, sa famille, une psychologue clinicienne et l’inspecteur chargé de l’affaire se demandent ce qui s’est vraiment passé.
Un premier épisode qui frappe fort
Le premier épisode m’a totalement happée. On découvre ce garçon de 13 ans, à l’allure fragile et innocente, menotté comme un criminel adulte. La tension est palpable et la mise en scène accentue le malaise. Le spectateur est immédiatement confronté à une question brutale : jusqu’où un enfant peut-il être coupable ?
Le jeune acteur, qui porte tout l’épisode sur ses épaules, est impressionnant. Son interprétation, entre candeur et opacité, lui a valu un prix récemment, une récompense méritée selon moi.
Une narration chorale originale
Rapidement, la série révèle sa structure : chaque épisode se concentre sur un personnage lié à l’affaire. L’inspecteur, la psychologue, les parents… Tous doivent composer avec le drame et en subir les répercussions.
J’ai trouvé ce choix audacieux et pertinent. Trop souvent, les séries policières s’arrêtent aux faits ou à l’auteur, en oubliant les effets collatéraux. Ici, le spectateur ressent le poids de l’acte non seulement sur la victime, mais sur tout un écosystème humain.
Les thèmes abordés
Au-delà du crime, la série interroge plusieurs sujets forts. La responsabilité des adultes face aux actes des enfants. La fragilité des institutions : police, justice, services sociaux, chacun vacille. La famille mise à l’épreuve : la douleur, la honte, mais aussi la solidarité. La société qui juge : le regard porté sur un enfant « coupable » et la stigmatisation qui en découle.
Ces thématiques donnent de la densité au récit et invitent à la réflexion, même si, à mon sens, certaines pistes auraient mérité d’être creusées davantage.
Une frustration croissante
Là où la série perd en intensité, c’est dans son incapacité à donner une véritable résolution. Je m’attendais à en apprendre plus sur la psyché du jeune garçon, à comprendre ses motivations, ou encore à assister au procès. Mais non.
On reste volontairement dans le flou, avec une fin ouverte. Certains apprécieront ce choix « réaliste » qui laisse au spectateur le soin de réfléchir. Personnellement, j’ai trouvé ça frustrant.
Le dernier épisode, notamment, m’a semblé décousu, presque bâclé. J’aurais préféré un focus plus resserré et une vraie conclusion.
Un bilan en demi-teinte
Est-ce une mauvaise série ? Non, pas du tout. Elle est bien jouée, bien filmée, parfois bouleversante. mais elle est, selon moi, surestimé par rapport à l’engouement médiatique qu’elle a suscité.
D’autres fictions adolescentes, moins médiatisées, ont su me marquer autant, voire davantage, sans bénéficier d’une telle aura critique.
En résumé : une série qui fait réfléchir, qui dérange parfois, mais qui m’a laissée sur ma faim.
- Créée par Jack Thorne et Stephen Graham
- Avec Stephen Graham – Ashley Walters – Faye Marsay – Erin Doherty – Christine Tremarco – Mark Stanley – Owen Cooper – Amelie Pease …
- Genre : Drame – Thriller
- Durée : 60 min
- Diffuseur : Netflix
- Nombre d’épisodes : 4
- Fiches : Seriebox – IMDb – TMDB – Allociné – SensCritique
Articles similaires que vous pourriez aimer
Si vous êtes touché·e par les thèmes d’adolescence, de drame familial, de dépassement ou d’injustice, voici quelques chroniques du blog qui résonnent dans ce registre :
- Fallen : Les damnés : une adolescente accusée d’un crime qu’elle n’a pas commis, culpabilité et enjeux surnaturels. À lire ici
- Sans un mot : disparition, enquête et secrets de famille : l’effet domino sur tous ceux qui restent. À lire ici
- Les cahiers d’Esther T.1 : Histoire de mes 10 ans : le quotidien d’une enfant/ado, entre innocence, cruauté involontaire et découvertes. À lire ici










