
Éloane retrouve sa famille sur son île natale quittée il y a des années. Le soir de la traditionnelle cérémonie des lanternes, d’intenses tensions refont surface entre elle et sa mère, tandis qu’au cœur de la nuit, une créature ancestrale s’éveille…
L’année dernière, mon compagnon m’avait rapporté cette bande dessinée directement de son magasin. Un « Service Presse » qui m’intriguait assez pour que je l’ajoute à ma pile à lire, avec la ferme intention de la découvrir avant la fin de l’année. C’est désormais chose faite, puisque c’est en décembre qu’elle a enfin quitté ma PAL.
Plongeons ensemble dans cette ambiance bretonne aux accents mystiques, où les secrets de famille côtoient les légendes anciennes.
Un style visuel porté par la couleur
Ma première impression a été visuelle. Je dois avouer que, graphiquement, ce n’était pas forcément ce que je préfère. J’ai trouvé les traits parfois un peu trop simples à mon goût, moi qui apprécie généralement des dessins plus travaillés et détaillés.
Pourtant, je me suis vite habituée à ce style grâce à un élément fort : les aplats de couleurs. C’est vraiment ce travail sur la colorisation qui donne tout son dynamisme à l’ouvrage. Les contrastes entre les zones très sombres et les couleurs éclatantes créent des ambiances marquées. La couleur devient ici un véritable outil de narration qui porte l’atmosphère mystique du récit.
Un drame familial au cœur des non-dits
L’histoire nous immerge immédiatement dans un drame du passé dont les ondes de choc se font encore sentir aujourd’hui. Une famille déchirée, une fille aînée qui revient sur ses terres natales après des années d’absence pour tenter de renouer avec sa mère… Le malaise est palpable.
On ressent très vite le poids des non-dits et la tension qui règne dans cette maison. Puis, le récit bascule. Les codes changent, les habitudes volent en éclats et la survie devient la priorité absolue. Sur le papier, le scénario a tout d’une excellente histoire.
Le verdict : une immersion manquée
Malgré ces bons ingrédients, je vais être directe : je n’y ai pas trouvé mon compte. Si l’histoire de cette famille est crédible et pourrait faire écho à bien des vécus, je n’ai ressenti absolument aucune empathie pour les personnages.
J’ai lu, j’ai observé, j’ai avancé dans les pages, mais sans jamais réussir à m’identifier ou à éprouver une réelle émotion. Je suis restée spectatrice, à la lisière de l’intrigue, sans jamais vraiment y entrer.
Le côté fantastique apporte un petit plus, mais manque de profondeur à mes yeux. J’aurais aimé que la légende soit plus ancrée dans l’esprit de la population locale dès le départ. Ici, le secret semble détenu uniquement par la matriarche du village, ce qui paraît un peu « léger » pour une bourgade qui célèbre chaque année une fête païenne dédiée à ces lanternes.
En résumé
La Nuit des lanternes est une lecture sympa, mais qui ne me laissera pas un souvenir impérissable. C’est une BD intéressante pour son travail sur les couleurs et son ambiance bretonne, mais qui manque de souffle émotionnel pour véritablement passionner.
Une découverte en demi-teinte qui prouve que, parfois, même une bonne idée ne suffit pas à créer l’étincelle si l’attachement aux personnages n’est pas au rendez-vous.
Avez-vous déjà lu une œuvre où le graphisme vous a séduite mais où l’émotion manquait ? Parlons-en en commentaire !
- Écrit et illustré par Jean-Etienne
- Genre : Fantastique
- Nombre de pages : 184
- Publié le 26 mars 2025
- ISBN / EAN : 9782413081555
- Édité par Delcourt
- Prix : 25,95 €
- Où le trouver ?
- Fiches : Livraddict – The StoryGraph – Babelio – BookNode








Une réponse à « 📚 La nuit des lanternes : entre légendes bretonnes et distance émotionnelle »
Dommage pour le manque d’empathie mais je suis assez intriguée.