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SYNOPSIS

Accroché au versant du mont Gris et cerné par Bois-Sombre se trouve Malombre, hameau battu par les vents et la complainte des loups. C’est là que survit Rouge, rejetée à cause d’une particularité physique. Rares sont ceux qui, comme le père François, éprouvent de la compassion à son égard. Car on raconte qu’il ne faut en aucun cas toucher la jeune fille sous peine de finir comme elle : marqué par le Mal.
Lorsque survient son premier sang, les villageois sont soulagés de la voir partir, conformément au pacte maudit qui pèse sur eux. Comme tant d’autres jeunes filles de Malombre avant elle, celle que tous surnomment la Cramoisie doit s’engager dans les bois afin d’y rejoindre l’inquiétante Grand-Mère. Est-ce son salut ou un sort pire que la mort qui attend Rouge ? Nul ne s’en préoccupe et nul ne le sait, car aucune bannie n’est jamais revenue…


MON AVIS

J’ai vraiment beaucoup aimé ce roman. C’est le visuel qui m’a d’abord énormément plus. L’illustration parfaite dans des couleurs évocatrices avec cette croix inversée en rouge sang. Elle faisait un parfait écho au titre. Ensuite la tranche du livre. Oui, les pages sont bordées de rouge, elles sont entièrement rouge ! Un combo parfait. Et la quatrième de couverture était vraiment tentante. Alors peu de temps après l’avoir acheté je me suis plongée dans ma lecture.

Il s’agit d’une ré-interprétation du conte du petit chaperon rouge. La jeune héroïne, Rouge de son prénom, fait bien sur référence à la jeune fille qui doit se vêtir de cette couleur pour aller voir sa grand-mère. Mais notre Rouge, elle, met bien une grande capeline sur elle mais elle est noire et elle sert surtout à cacher son visage au reste du village. Car si c’est vêtement ne sont pas rouge, son visage l’est et elle cherche à se cacher afin d’éviter au maximum les moqueries et humiliations. Bien sur cela ne fonctionne pas. Mais elle subit sa condition, elle est résignée.

De plus le village est frappé d’une malédiction : une semaine après ses premiers sang, chaque jeune fille doit aller dans la forêt escortée de loups pour se rendre chez la grand-mère, en fait la sorcière de la forêt. Vous l’avez maintenant le mythe du chaperon rouge ? Tout y est. Car à l’origine ce conte, pas vraiment pour enfant, doit mettre en garde les jeunes filles des prémices de l’adolescence (la cape rouge qui symbolise les premières règles) et du danger des jeunes jouvenceaux en chaleur (le loup). Heureusement le chasseur (la figure paternel) est là pour venir au secours de notre jouvencelle.

Dans cette histoire, vous l’aurez compris, les éléments sont là mais ils sont exploités différemment. Le chasseur est présent mais protège t-il vraiment ? Les loups sont-ils de féroces carnassiers et notre Rouge est-elle aussi innocente que la grand-mère ? Rien n’est moins sûr mais je n’en dirais pas plus au risque de dévoiler toute l’intrigue. Il faut garder de la surprise.

Et des surprises j’en ai eu dans ce roman. Je peux vous dire que personne n’est innocent et que le plus méchant comme le plus noble a toujours quelque chose à cacher ou a se reprocher.

Cette lecture c’est un maelström d’émotions : le rejet, l’innocence perdue, la douleur, le désespoir, l’espoir, la renonciation, le fatalisme, l’amour, la haine… vous pouvez tout y trouver. Mais surtout il pointe le doigt sur la différence. Comment peut-on juger quelque parce qu’il ne ressemble pas à ce que nous voudrions ? Pourquoi rejeter ainsi une enfant qui n’a rien demandé à personne ? Et comment grandir quand on a été persécutée toute sa vie ?

Si vous voulez les réponses il va falloir lire ce roman magnifique qui m’a profondément marqué. Je suis un peu comme Rouge. Différente. Je n’ai pas de tâche de naissance sur le visage ou le corps mais des plaques rouge du à une maladie et souvent depuis mes 17 ans j’ai été montré du doigts par des inconnus qui ne savent pas alors ils critiquent, regardent de travers et vous font sentir comme une moins que rien.

C’est peut-être pour cette raison que ce roman m’a tellement touchée mais je suis sûr qu’au fond de nous, nous avons tous une part de Rouge, l’écarlate.