
La guerre est finie, les ténèbres ont gagné, et l’élu est mort…
Capturée alors que son château tombe aux mains de l’ennemi, Briony Rosewood n’a qu’une certitude : le monde qu’elle a toujours connu n’existe plus. Bomard a triomphé, et les sujets d’Evermore sont condamnés à un sombre avenir, car seuls la servitude, l’emprisonnement et la mort les attendent.
Les rescapées, privées de leur magie, sont rapidement livrées aux plus offrants lors d’une vente aux enchères, et en tant que princesse, Briony est un prix convoité. Après une lutte acharnée, elle devient la propriété de Toven Hearst, l’héritier d’une famille de haut rang connue pour son ambition sans limites… et un homme qui la fascine depuis toujours.
Dans cet univers où la magie est une arme mortelle et où aucune pensée ne reste secrète, tout semble perdu. Mais une aide insoupçonnée pourrait bien surgir de l’ombre et raviver un espoir que Briony croyait à jamais éteint.
Ce roman m’a beaucoup marquée mais il est très difficile d’en parler.
Pas parce qu’il est mauvais, loin de là (c’est même tout le contraire) mais parce qu’il aborde des thématiques dures, dérangeantes, parfois choquantes, et qu’il faut savoir les aborder avec délicatesse.
Un peu de contexte
Avant d’aller plus loin, laissez-moi vous dire une chose : si vous entendez les mots sorciers, école de magie, lutte entre le bien et le mal …
Je parie que, comme moi, vous pensez immédiatement à Harry Potter. Et ce n’est pas un hasard. Parce que Rose in Chains est à la base… une fanfiction.
Oui, vous avez bien lu.
Une fanfiction inspirée de l’unviers de J.K. Rowling, plus précisément de la relation entre Hermione Granger et Drago Malefoy, un couple imaginaire surnommé par les fans le Dramione.
Mais attention : ici, Julie Soto s’émancipe totalement du matériau d’origine.
Elle crée son propre monde, ses propres règles, son propre système magique.
Ce n’est pas une simple pastiche, c’est une romantasy sombre, adulte, et profondément psychologique.
Le monde de « Rose in Chains »
Le récit se déroule dans un univers en guerre. Un monde où la magie est divisée en deux camps : les sorciers de l’esprit et les sorciers du cœur.
Deux forces opposées qui se disputent le pouvoir, un peu comme deux visions du monde : le contrôle rationnel contre la passion émotionnelle.
Au sommet, il y a une Empereur. Mais lorsqu’une femme issue de l’ombre décide de renverser le système, tout bascule. Une guerre sanglante éclate, les familles sont massacrées, les héritiers pourchassés. Et c’est dans ce chaos qu’on rencontre notre héroïne : Briony Rosewood. Fille de l’ancien empereur, sœur de l’élu d’une prophétie… Mais son frère est mort, et elle, elle devient une proie.
Capturée, vendue aux enchères, elle est réduite au rang de Source, un être dont la magie sert à alimenter celle de son maître.
Un sujet sensible
Et c’est là que le roman aborde un thème difficile. Ces « Sources » ne sont pas seulement exploitées pour leur pouvoir. Elles sont aussi souvent victimes d’abus physiques et sexuels. C’est un point dur à lire, un passage dérangeant, même pour les lecteurs avertis. Et je ne vais pas le nier : j’ai été mal à l’aise. Mais en même temps, je comprends pourquoi Julie Soto l’a écrit.
Parce qu’elle ne cherche pas à choquer gratuitement. Elle veut montrer l’horreur du système, l’inhumanité de la guerre, et les dérives du pouvoir.
C’est cru, c’est violent, mais ça a du sens narratif. Et heureusement, le roman ne s’arrête pas à cette noirceur.
Briony et Toven : un slow burn électrique
Briony finit par être achetée à prix d’or par un certain Toven Hearst. Un ancien camarade d’école. Un garçon qu’elle a toujours trouvé fascinant, mystérieux, inaccessible. Mais leur passé commun est teinté d’animosité : Toven la méprisait, elle et son frère.
Et le voilà désormais son maître.
C’est là que commence toute la tension du roman.
Parce que Briony s’attend au pire. Et pourtant, peu à peu, elle découvre un autre Toven. Un homme tourmenté, complexe, qui n’est peut-être pas l’ennemi qu’elle croyait. Le roman bascule alors dans une romantasy lente, brûlante, psychologique. Pas de coup de foudre, pas de romance facile. C’est un slow burn, une relation qui se construit dans la méfiance, la douleur, la lente reconstruction.
Et c’est sans doute ce qui rend Rose in Chains si captivant.
Ce que j’ai ressenti
Je ne vais pas vous mentir : ce roman m’a bousculée. J’ai eu besoin de temps avant d’en parler. Parce qu’il soulève beaucoup de questions sur la morale, le consentement, la résilience.
Mais j’ai aussi été emportée par l’écriture. Julie Soto écrit avec une intensité rare, presque poétique. Ses dialogues vibrent, ses descriptions sont riches sans être lourdes. Et surtout, elle n’édulcore rien. Elle assume la complexité émotionnelle de ses personnages, leurs zones d’ombre, leurs contradictions.
C’est une lecture exigeante, mais passionnante.
À qui je le recommande
Je le dis clairement : ce n’est pas un roman pour adolescents.
Même si son univers vient d’une fanfiction Harry Potter, il s’adresse à un public adulte et averti. Certaines scènes sont dures, parfois explicites. Mais elles servent un propos. Et c’est précisément pour cela que le roman fonctionne.
Si vous aimez les romances sombres, les univers magiques complexes les relations de pouvoir ambiguës et les histoires de rédemption, alors Rose in Chains va vous captiver.
Mais entrez-y les yeux ouverts, et l’esprit préparé.
En conclusion
Rose in Chains est un roman fort, dérangeant, mais bouleversant.
Une histoire d’amour et de pouvoir, de douleur et de lumière.
Et une réflexion sur ce que la guerre (magique ou non) fait de nous.
Je l’ai adoré, même s’il m’a mise mal à l’aise. Et je l’attends, cette suite. Avec autant de crainte… que d’impatience.
- Écrit par Julie Soto
- Traduit de l’anglais par Charlotte Demanie
- Titre original : Rose in Chains
- Genre : Fantasy – Romance
- Nombre de pages : 528
- Publié le 17 septembre 2025
- ISBN / EAN : 9791028133535
- Édité par Bragelonne
- Prix : 22 €
- Où le trouver ?
- Saga The Evermore Trilogy livre 1 sur 1
- Fiches : Livraddict – StoryGraph – Babelio – BookNode







