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SYNOPSIS

Au milieu des années 80, élevée par une mère divorcée, V. comble par la lecture le vide laissé par un père aux abonnés absents. À treize ans, dans un dîner, elle rencontre G., un écrivain dont elle ignore la réputation sulfureuse. Dès le premier regard, elle est happée par le charisme de cet homme de cinquante ans aux faux airs de bonze, par ses œillades énamourées et l’attention qu’il lui porte. Plus tard, elle reçoit une lettre où il lui déclare son besoin « impérieux » de la revoir. Omniprésent, passionné, G. parvient à la rassurer : il l’aime et ne lui fera aucun mal. Alors qu’elle vient d’avoir quatorze ans, V. s’offre à lui corps et âme. Les menaces de la brigade des mineurs renforcent cette idylle dangereusement romanesque. Mais la désillusion est terrible quand V. comprend que G. collectionne depuis toujours les amours avec des adolescentes, et pratique le tourisme sexuel dans des pays où les mineurs sont vulnérables. Derrière les apparences flatteuses de l’homme de lettres, se cache un prédateur, couvert par une partie du milieu littéraire. V. tente de s’arracher à l’emprise qu’il exerce sur elle, tandis qu’il s’apprête à raconter leur histoire dans un roman. Après leur rupture, le calvaire continue, car l’écrivain ne cesse de réactiver la souffrance de V. à coup de publications et de harcèlement.
« Depuis tant d’années, mes rêves sont peuplés de meurtres et de vengeance. Jusqu’au jour où la solution se présente enfin, là, sous mes yeux, comme une évidence : prendre le chasseur à son propre piège, l’enfermer dans un livre », écrit-elle en préambule de ce récit libérateur.

MON AVIS

Ce roman autobiographique est un bouleversement.

J’ai du à certains moment poser mon téléphone pour « digérer » ce que je venais de lire, mais le livre complet peut se lire d’une traite. L’immersion est totale car c’est parfaitement écrit. On rentre dans la tête de cette enfant et on suit ces réflexions.

Je n’ai pas compris la position des adultes par rapport à cette histoire. On se situe après mai 68. La libération sexuelle est bien là, mais ce qui doit concerner essentiellement des adultes ne choc pas lorsque cela implique des enfants. Je sais que nous vivons maintenant dans une époque où l’on s’offusque de tout et de rien. C’est même parfois de trop, mais bon là, c’est carrément l’inverse. J’ai été choquée de lire que des intellectuels de l’époque ont pu cautionner se genre de comportement notamment à travers une pétition pour l’acceptation de relations sexuelles entre adultes et enfants…

Les enfants sont l’innocence et vouloir les faire grandir trop vite est une erreur. Oui, à 13/14 ans ils ont leur premier « jeux sexuels » mais avec des jeunes de leur âge. Ils doivent faire leur apprentissage par eux même. Un adulte n’a pas sa place dans cette étape comme acteur principal. C’est mon coeur de maman qui parle mais j’ai des enfants justement dans cette âge, des filles, et je les accompagne dans leur apprentissage de l’Amour par l’écoute et l’attention. Je ne m’immisce pas dans leur vie mais je surveille de loin afin qu’il n’y ait pas de dérapage.

Ici, c’est l’horreur que vit cette jeune fille. Elle est plongé dans un monde qui n’est pas le sien. On lui refuse de grandir avec l’innocence de son âge et elle se retrouve perdue, submergée pas tous cela. Et je lis que personnes ne l’a aidé. Elle a pourtant lancé des perches, des appels à l’aide mais tous ont fermé les yeux et laissé faire.

Ce livre est parfaitement écrit cat l’autrice se livre sans tabou. Elle ouvre ses pensées aux lecteurs et écrit, parfois crûment, ses pensées les plus profondes. Cela peu également choquée mais cela m’a permit de comprendre pourquoi. Pourquoi une enfant sait laissé embarquer ? Pourquoi elle est restée ? Pourquoi elle ne parle que maintenant ? Toutes les réponses à ces questions elles les donnent et les explique.

C’est une emprise. Un pouvoir sur un jeune esprit détruit qui doit apprendre à se reconstruire. C’est douloureux et long.

En tant que jeune fille qui a eu un jour cette âge, en tant que femme adulte ayant aussi eu des blessures à l’enfance, en tant que mère de deux filles de cet âge, j’ai été profondément touchée par ce récit et mon soutien va à 100 % à Vanessa Springora mais aussi à toutes les victimes de ces actes de barbarie.

Un témoignage poignant d’une réalité qui ne devrait pas exister.